Du solaire pour le réseau de chaleur ?

jeudi 11 juillet 2013

Le bureau d’étude qui travaille pour la ville dans la préparation du renouvellement de la délégation de services public du réseau de chaleur a étudié de nombreuses hypothèses, y compris la géothermie ou le solaire thermique.

Il est utile de présenter les conclusions sur ces études. La géothermie pour un réseau de chaleur haute pression n’est possible qu’à de grandes profondeurs. Il faut un puits de 4000m pour trouver des températures de 150°C compatibles avec le réseau. Et la bassin Rhodanien serait un bon candidat... Sauf que cela reste une technique expérimentale, donc très couteuse et risquée... Impossible pour une décision opérationnelle dans un délai raisonnable...

Le solaire thermique est par contre une technique plus opérationnelle. L’écoquartier de Balmas à Toulouse produit ainsi de l’eau à 130°C, utilisable pour notre réseau. Mais la surface de panneaux solaires nécessaires pour une production significative est impressionnante.

Avec 10 000m2 de panneaux, soit par exemple une rangée de 10 m sur 1 kilomètre le long du Boulevard Urbain sud... énorme, on ne produit compte tenu de l’ensoleillement moyen de Lyon que 4000MWh, soit 3% de la consommation de chaleur du réseau !

On peut se dire, oui mais le soleil ne coute rien... Sauf que l’investissement est important. A 1000€/m2 pour de telles températures, cela représente 10M€, soit avec un financement sur 20 ans, un coût de 125€ / MWh produit... autrement dit, plus cher que le fuel, et trois fois plus cher que le mix actuel du réseau...

Quand certains parlent d’énergies renouvelables, il faut toujours demander des chiffres... D’autant que ces 10 000m2 de panneaux consommeraient d’énormes quantités d’acier... ressource non renouvelable !

Donc, pas de solution miracle au niveau technique... pour augmenter la part de renouvelable, il faudra augmenter la production bois, et continuer à étudier les énergies fatales de la vallée de la chimie...