Licenciements, il y a 30 ans...

lundi 27 avril 2015

La crise aggrave tous les indicateurs sociaux dans notre ville comme dans le reste du pays. Seule, une petite minorité est "gagnante" dans cette guerre de la dette qui voit les missions publiques réduites d’année en année pendant que les inégalités s’accroissent. On parle de milliards de réductions de dépenses pour l’état, les collectivités locales, la SECU, et dans le même temps de milliards de réductions fiscales ou de subventions pour les grandes entreprises. Un rapport récent du Sénat estime que 4 des 6 milliards du Crédit Impôt Recherche ne sert pas à la recherche et ne crée pas d’emplois... C’est la même chose du "CICE" ! Mais plutôt que de chercher à associer les salariés au contrôle de l’usage de cet argent public, le gouvernement veut réduire...les structures du "dialogue social" qui seraient trop "lourdes" pour les entreprises... A vrai dire, vu du MEDEF, la recette est simple, donnez-moi des milliards et ne venez pas m’embêter à contrôler ce que j’en fais...

L’exemple le plus criant est dans le droit du licenciement. Le patronat dit qu’il ne recrute pas car il a peur de ne pouvoir licencier. Le gouvernement lui donne raison avec la loi Macron qui supprime ce qui protégeait un peu les salariés au-delà de l’indemnité légale. On connait d’avance le résultat. Il y aura plus de licenciement, et bien sûr, pas plus de création d’emploi. C’est Gattaz père, déjà grand patron des patrons, qui avait obtenu il y a 30 ans l’abandon de l’autorisation préalable du licenciement en promettant 600 000 emplois, vous connaissez la suite...

Depuis 20 ans, le nombre de suppressions d’emplois [1] a doublé, mais le nombre de création d’emplois stables a baissé fortement. En fait, la création d’emploi n’est liée qu’à l’activité économique elle-même... Une entreprise embauche quand elle a du boulot !

Les chiffres sont clairs. Il est de plus en plus facile pour les entreprises de supprimer un poste de travail, et elles en créent de moins en moins... La vraie raison de la bataille menée par le MEDEF est qu’il veut limiter au maximum les négociations que les syndicats arrivent à lui imposer parfois sur un plan social, et surtout ne rien avoir à expliquer sur les causes des suppressions d’emploi !


[1les licenciements économiques ont baissé, mais les autres licenciements, et surtout les ruptures conventionnelles ont explosé !