Ce lundi 6 mars, le 7/9 de France Inter reprend...

journalisme ou propagande ?
lundi 6 avril 2015
par  Pierre-Alain
popularité : 22%

Ce lundi 6 mars, retour du journal de France Inter dans mon réveil matin. Il m’a suffit de quelques minutes pour décider de repasser sur une radio musicale tellement les premières chroniques étaient caricaturales de cette pensée unique qui nous est servi partout et chaque jour. J’ai pris le temps d’écrire à cette radio, message ci-dessous. Pas facile d’ailleurs de trouver sur leur site internet comment commenter une émission...

Certes, ça ne sert à rien, mais ça fait du bien quand même de l’avoir fait !

Message saisi sur le site de France Inter le 6/04 à 8h30

Ce lundi 6 mars, mon réveil ne diffuse plus la musique (dont on reconnait sans bien savoir pourquoi elle est une musique de grève...), mais vos émissions et ce 7/9 d’information.

Les deux premières chroniques m’ont suffi pour retrouver la colère que me génère votre écoute matinale devant ce que j’entends comme un discours unique arrogant qui m’est étranger,et qui m’est devenu insupportable. Après la chronique sur les verts, puis sur la Macron, je n’ai pas écouté l’interview de Flore Pellerin, je suis passé sur une radio musicale.

Je doute que cela vous intéresse, mais peut-être que cette bouteille à la mer évoquera quelque chose pour un journaliste qui a des raisons de comprendre le mouvement de grève de ses collègues techniciens...

La chronique sur les verts commencent par une affirmation tellement évidemment fausse qu’elle est bien plus que caricaturale. Il y aurait deux expressions de rejet du capitalisme, le rejet identitaire, et l’écologiste. Pourtant, ni l’un, ni l’autre ne rejettent le capitalisme !
- Il y a même un capitalisme vert dont les lobbys sont devenus très puissants ! Et malheureusement, des écologistes, dont de grands élus, sont parfaitement à l’aise dans ces politiques capitalistes qui détruisent nos services publics et organisent l’individualisme et la concurrence...
- Et qui a vu dans l’histoire l’extrême-droite s’en prendre au capitalisme ? Le nazisme organisant une mise au travail forcé en faisant chuter les salaires a été financé et soutenu par les grandes entreprises capitalistes, et ceux qui en France choisissaient "Hitler plutôt que le Front Populaire" étaient bien la bourgeoisie et le patronat...

A l’inverse, tout le monde sait bien sûr qu’il y a un courant d’idée qui dénonce le capitalisme, représenté notamment au plan politique par le parti communiste. Il s’est certes affaibli ces dernières décennies, mais on ne peut que constater dans ces élections départementales récentes qu’il résiste, à la surprise de beaucoup, et qu’il n’a pas été entrainé dans la chute du PS pour la première fois dans l’histoire de l’union de la gauche. EELV passe de 40 à moins de 10 élus départementaux, mais le parti communiste en conserve 166 (sans compter les autres élus Front de Gauche) sur les 220 qu’il comptait, sachant que la plupart des pertes sont liées au mode de scrutin et au redécoupage des cantons...

Et je pourrai vous parler de la surprise Vénissiane avec la victoire d’un maire PCF qui creuse l’écart sur la droite, contient le FN, et marginalise le PS !

Quel est ce trou noir qui frappe ce journaliste de cécité ? Je ne l’entends que comme un engagement propagandiste pour interdire toute critique du capitalisme.

Viens ensuite un commentaire sur la loi Macron et le droit du travail. Et ça recommence. On nous ressert ce plat mille fois réchauffé du "licenciement trop difficile qui interdit aux patrons d’embaucher"... Et le débat porte donc sur la meilleure manière de faciliter un licenciement, réforme du CDI, extension du CDI de chantier... Depuis des décennies, le droit du travail est raboté au détriment des salariés et n’importe quel journaliste pourrait tout simplement partir des faits... Il est difficile de licencier ? Mais alors pourquoi tant de licenciement ?

J’ai été délégué syndical dans une entreprise de services informatique pendant 15 ans, j’ai eu l’expérience de plusieurs licenciements individuels et même d’un plan social, et je ne peux que constater que ce que permet le droit du travail, c’est simplement de retarder parfois, et surtout de faire respecter les droits des licenciés que sinon, les patrons enfoncent sans aucun état d’âme. Effectivement, c’est risqué pour un patron en France de faire un licenciement SMS, mais pourtant, il y en a, car trop peu de salariés vont aux prudhommes, et trop peu sont en lien avec le syndicat.

Un journaliste un tant soi peu honnête pourrait tout simplement rappeler un fait. Quand le père du patron des patrons actuels, Mr Gattaz père, a obtenu la fin de l’autorisation préalable de licenciement, il avait promis 600 000 emplois créés ! Bien sûr, il n’a rien créé, et le chômage n’a fait qu’augmenter, les licenciement sont plus faciles depuis..

Non, franchement, ce n’est pas possible de vous écouter insulter avec tant de négligence le monde du travail. Je comprends que vous ne comprenez pas pourquoi la grève est un moyen de lutte essentiel et légitime !


Commentaires

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lundi 20 avril 2015 à 13h19 - par  Pierre-Alain

non, aucune colère contre les écolos, et oui, la victoire de Vénissieux est celle d’un large rassemblement dans lequel EELV a pris toute sa place...
donc, j’aurai du faire attention dans ce billet polémique à une réaction trop rapide... d’autant que mes sources trop rapidement lues étaient fausses sur les résultats en sièges...

Il faut dire qu’entendre cette chronique m’a réellement mis en colère car elle se faisait en pleine grève de leurs collègues et confirme que pour l’essentiel, les chroniqueurs radio sont tous du même coté... en résumé, contre les grévistes et pour le système économique actuel. Les médias sont bien un élément central du système de domination idéologique dans notre société.

Donc colère uniquement contre ces journalistes...

mais j’aurai du prendre un peu de recul (et de temps de relecture) car bien sûr, il y a heureusement beaucoup d’écologistes anti-capitalistes, et quelque soit par ailleurs nos différences sur notre projet de société, il est sûr que très souvent, écologistes et communistes se retrouvent dans des combats communs... ce qui permet des accords comme celui des municipales à Vénissieux...

Reste me semble-t-il que ce qui définit le mouvement communiste, c’est son ambition de construire une société non capitaliste, alors que le sujet est pour le moins plus discuté dans le mouvement écologiste, dont certains des leaders connus, comme celui qui fut le célèbre "Dany le rouge", s’inscrivent totalement dans le cadre d’une société capitaliste.

Je ne sais pas s’il y a une position de principe de EELV en tant que parti pour se prononcer pour une société non capitaliste, au-dela de la critique du libéralisme, de l’austérité ou du productivisme (d’ailleurs le capitalisme n’est productiviste que s’il y a des profits, sinon il détruit l’outil de production ! En fait, il est très exactement "profitiviste"...). Si c’est le cas, j’en serai très heureux...

amicalement,
pam

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vendredi 17 avril 2015 à 15h30 - par  EELV Vénissieux

Oui, il semblerait que ce matin du 6 avril 2015 le papier de Thomas Legrand ait été en deçà de sa qualité habituelle. Son raisonnement, dirigé en grande partie contre EELV, en est même difficile à suivre tant il est ponctué d’amalgames, de raccourcis et d’incohérences. Bref, nous partageons votre déception sur le travail présenté ce matin-là par Thomas Legrand.

Alors pourquoi tourner votre colère contre les écolos ? Pourquoi vouloir prouver qu’écologie rime avec capitalisme quitte à user d’assertions douteuses ? Quels grands élus écologistes exactement accusez-vous d’être « à l’aise » avec les politiques capitalistes dont ferait partie intégrante le lobbying « vert » ? Et pourquoi avoir besoin d’amoindrir les résultats électoraux d’EELV aux départementales (passés de 42 à 37 élus en réalité et non de 40 à moins de 10 comme vous l’affirmez) ? La relative stabilité de vos résultats électoraux ne suffit-elle à vous conforter ?

Inutile de rappeler que l’écologie politique dont se réclame EELV se situe bien en rupture avec le capitalisme, son productivisme, sa remise en cause systématique des acquis sociaux et ses dérives financières outrancières...

Par ailleurs, sur le plan électoral, permettez-nous de vous rappeler que la victoire vénissiane est le fruit du travail du Parti Communiste certes, mais aussi des autres membres de l’alliance que sont le Parti de Gauche, les écologistes et autres personnalités politiques ou de la société civile. Et nous vous rappelons que les candidats écologistes ont fait preuve de loyauté durant toute cette année et tout au long des deux dernières campagnes pour les municipales. Nous n’en attendons donc pas moins de votre part.

Les élus EELV de Vénissieux :

Georges Bottex, Sandrine Perrier et Gilles Roustan

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