La mutualisation entre des communes qui restent maitre d’ouvrage...

mardi 20 janvier 2015
par  Pierre-Alain
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Pour les voeux du SITIV, je me suis bien sûr appuyé sur le texte d’invitation et ses références aux identités numériques et à la manière dont les poètes renouvellent la poésie avec le numérique, mais j’ai complété de quelques commentaires sur l’apport de ce syndicat intercommunal qui continue à être pertinent et utile dans la métropolisation...

Merci aux élus et responsables des villes présents, de Vénissieux, Corbas, Vaulx en Velin, Givors, Rive de Gier, et je dois excuser plusieurs absents, il n’est pas facile de trouver une case horaire libre en Janvier pour ces voeux du SITIV, et je sais que l’horaire de midi pose problème à des élus salariés pour qui il n’est pas facile de se libérer.

Dans cette nouvelle année pleine de bruit et de fureur, la vie continue, malgré les guerres et leurs impacts dans notre quotidien, avec le drame qui nous a tous marqué depuis le 7 janvier, qui nous oblige aussi à regarder le monde tel qu’il est, et je l’espère, à agir au fonds pour la paix et la solidarité. Mais pour ces vœux du président du Syndicat Intercommunal des Technologies de l’Information pour les villes, je vous propose quelques commentaires sur ces identités numériques qui nous passionnent mais nous inquiètent, ces identités que nous révélons et que nous cachons tout autant, dans ces réseaux numériques mondialisés, connectés individuellement au milieu de millions d’autres, derrière des avatars, pseudos, courriels, identifiants et mots de passe. Un sociologue d’internet a classé ces identités numériques de réseaux sociaux selon la manière dont nous nous y inscrivons, derrière un "paravent" qui nous cache et nous permet de ne nous dévoiler qu’à certains, dans un "clair-obscur" où nous sommes visibles pour de petits réseaux de proximité, ou à l’inverse, nous révélant comme un "phare" à la recherche de la plus grande audience, un "post-it" auquel des indices donnent accès, souvent dans un cercle de relations de voisinage, ou encore derrière une "lanterne magique" qui transforme notre avatar dans un monde imaginaire.

Cette diversité des formes que prennent nos identités numériques confirme ce que disait l’écrivain Amin Maalouf dans ses identités meurtrières. Nous sommes toujours multiples, et la recherche "d’une identité" peut être terrible quand elle conduit à nier cette diversité de nos histoires.

Le numérique nous le révèle pour le meilleur comme pour le pire, quand des identités mensongères sont propulsées à la une mondiale comme cette fausse arrestation d’une fausse blogueuse syrienne qui aurait détourné un album photo de Facebook pour "s’inventer" cette fausse identité. La curiosité technique d’une amie connectée aurait localisé son ordinateur en Ecosse, mais de fausses photos de sa nouvelle "vraie" identité sont diffusées, avant même qu’un aveu vidéo ne se révèle finalement une nouvelle supercherie de cette amie connectée qui était un homme...

Et que penser quand on apprend que l’icône numérique de la révolution Egyptienne était... chef du marketing de Google pour le Moyen-Orient, arrêté au Caire, mais vivant à Dubaï avec sa femme américaine et leurs deux enfants ?

Oui, nous vivons désormais avec un numérique omniprésent. Les objets connectés seront bientôt l’espèce dominante de la planète, produisant des masses gigantesques d’informations disponibles pour connaître comme pour surveiller. Il est urgent d’apprendre collectivement à décider ce que nous voulons faire de ce numérique, à en inventer les usages qui aideront au vivre ensemble, à l’épanouissement personnel et collectif. Il faut pour cela maîtriser les compétences de ce monde numérique si séduisant pour faire sa publicité, mais si contradictoire quand il doit répondre aux questions citoyennes sur ses responsabilités.

Le service public a un rôle irremplaçable pour définir des règles, garantir les droits, protéger les personnes, éduquer et former à l’appropriation individuelle et collective.

Plus le numérique se développe, plus l’humanité doit grandir pour rester elle-même.

Dans ce cadre et à notre échelle bien sûr, la mutualisation entre communes que permet notre syndicat dans une forme souple et qui laisse chaque commune maître d’ouvrage de son système d’information, est nécessaire, indispensable même, pour construire une capacité à maîtriser les offres d’un marché toujours plus mondialisé.

Comme président du SITIV, j’ai rencontré 7 des 8 maires du SITIV dans les semaines précédentes, et j’en ressors avec la conviction que le SITIV peut progresser rapidement pour une réponse mutualisée souple et adaptée à chaque ville, ce qui suppose plus de visibilité sur ses projets au services des villes. Nous engageons un travail de fonds sur cette question, sur la base de ce que nous avons déjà réalisé pour une meilleur gestion de projet, une meilleure traçabilité des échanges avec les villes. Nous allons organiser une première rencontre pour identifier les enjeux nouveaux issus des plans de mandat des villes, plusieurs maires insistent dans leur projet de mandat sur l’enjeu numérique pour répondre aux attentes des usagers et citoyens dans un contexte budgétaire plus que contraint. Cette démarche aboutira lors d’un séminaire en fin d’année sur la réalisation d’une PPI qui portera le plan de mutualisation pour la suite du mandat, permettant à chaque ville d’identifier sur quoi et avec qui elle pourra avancer avec le syndicat.

Nous le ferons en collaboration étroite avec tous nos partenaires, dont les métropoles de Lyon et de St-Etienne qui peuvent apporter des réponses importantes par exemple sur les infrastructures de réseau, ou sur les achats de matériels.

Mais au-dela des projets eux-mêmes, des infrastructures, des applications, des centres d’hébergement… il y a à la fin les usages et les usagers de cette société avec le numérique. Ce sont bien sûr les agents de nos communes, et les habitants, à la fois comme usagers des services municipaux et comme citoyens et acteurs de la vie démocratique.

C’est pourquoi il faut parler aussi des usages, du rapport que nous avons chacun avec ce numérique qui bouscule tant d’habitudes.. Et ce sont sans doute les poètes qui nous apporteront des réponses, ceux qui travaillent les mots comme d’autres travaillent les objets et qui peuvent nous les faire découvrir dans une interaction numérique qui revisite de vieilles connaissances, comme cette fable de La Fontaine animée et décorée par deux poètes du numérique.

En vous présentant mes vœux numériques de paix et d’humanité pour 2015


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