Quelle transition énergétique et pour qui ?

vendredi 13 septembre 2013
par  Pierre-Alain
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J’ai participé à plusieurs rencontres départementales et régionales sur la "transition énergétique" dont j’ai déjà fait des compte-rendu. La période de concertation est terminée et la loi est en préparation pour cette fin d’année. Il semble se confirmer ce qu’on pouvait craindre dans un débat qui n’a jamais vraiment éclairé les priorités politiques... Ce sont les ménages et les salariés qui vont payer et les lobbys des énergies dites vertes qui vont continuer à faire grandir une bulle spéculative qui coutera tôt ou tard encore plus cher.

Les prix de l’électricité ont d’ors et déjà augmentés et vont continuer, et en même temps certains opérateurs multiplient les annonces marketing de prix bloqués. Les investissements sur les infrastructures ralentissent au moment où le développement exponentiel d’énergies intermittentes notamment en Allemagne les rend encore plus nécessaires, mais la libéralisation a inventé des prix de l’électricité négatifs ! Alors que la facture pour les ménages ne fait qu’augmenter, la taxe carbone rejetée à l’époque de Nicolas Sarkozy revient à peine déguisée. Certains veulent être rassurants en parlant de transfert de fiscalité sans augmentation, mais l’expérience de la réforme des retraites montrent qui est réellement épargné par ces grandes réformes fiscales... ce sont les entreprises.

Un des non-dit de ce grand débat sur la transition énergétique est la question de l’abandon ou non du nucléaire. Malheureusement, les termes de la décision sont le plus souvent masqués par les promoteurs des énergies dites vertes, et le débat a le plus souvent fait "comme si", le nucléaire pouvait être remplacé de manière acceptable économiquement et socialement...

Or ce n’est absolument pas le cas, et la courte lettre ouverte ci-dessous de l’association Sauvons le Climat en donne les principales raisons. Pire, on mesure mieux aujourd’hui l’impact environnemental de ses énergies "vertes". L’électricité éolienne est par exemple la source d’électricité qui consomme le plus d’acier par KW installé... et le photovoltaique n’est pas loin, beaucoup plus que les énergies fossiles ou le nucléaire...

Quand on s’intéresse à l’écologie, il faut regarder toutes les interactions d’un système avec son environnement, et il faut cesser de cacher derrière des choix techniques, des choix qui sont en fait politiques. Pour qui faut-il faire une transition énergétique ? pour les ménages ou pour les actionnaires ? Si on veut répondre aux besoins des familles et des salariés, il faut s’appuyer sur les acquis de l’électricité française, dont le parc nucléaire et l’organisation du service public ... Or ce sont les deux qui sont mis en cause dans les orientations politiques qui se dessinent...

La lettre aux ministres et conseillers de l’association Sauvons le Climat


Oh ! Ministres et conseillers intègres : quand direz vous la vérité à Monsieur le Président de la République ?

- Oui, il est possible de réduire la part du nucléaire dans le mix électrique de 75 à 50 % en développant considérablement les productions éoliennes et photovoltaïques.

- Mais parce qu’il y des périodes sans vent et sans soleil il sera impossible de réduire la puissance du parc de réacteurs nucléaires.

- A l’aide des seules productions éoliennes et photovoltaïques, c’est le facteur de charge des réacteurs nucléaires qui passerait alors de 75 à 50 %, ce qui en réduira d’autant la rentabilité.

- Le coût de cette opération dépassera les 200 milliards d’euros.

- La solution de régulation de la production par du stockage avec des STEPs est irréaliste à l’échelle qui serait nécessaire (équipement de 3500 km de côtes)

- La seule manière de diminuer le nombre de réacteurs nucléaires est de les remplacer par des centrales à gaz ou charbon, ce qui aurait de sérieuses conséquences sur nos émissions de CO2 et notre balance commerciale, et serait à l’origine d’un coût supplémentaire considérable.

Tous ces points sont explicités et démontrés dans l’étude Sauvons le climat "Limites de l’intégration des productions d’électricité intermittente"

Certes, Monsieur le Président de la République a le droit et le pouvoir d’orienter la politique énergétique de la France. Mais, au moins, Mesdames, Messieurs les Ministres et conseillers, faites en sorte que ses choix se fassent en toute connaissance de cause !

On trouve sur le site de cette association des études qui montrent à quel pointl e discours médiatique dominant refuse de nous dire la vérité pour "faire passer" la pilule de la mise en cause des sevices publics
- la question n’est plus de savoir si des black-out vont survenir mais à quelle date ils vont se produire ?
- électricité à prix négatifs et chute des investissements !


sur le site de l’association Sauvons le Climat

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